Amazonie

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Amazonie – Rencontre avec un géant

Par Marc TRILLARD

«Au port d’embarquement, face à la place Tiradentes, voici l’agitation coutumière de la fin de journée. On appareille en nombre, Belém en aval, Itaituba vers le sud par le Tapajos. Toutes ces lignes, tous ces ports de sortie ou d’arrivée, tous ces départs que j’enchaîne depuis six semaines… Je sais ce que je cherche, sur le port. Les odeurs du voyage. L’huile et la graisse de moteur, les vapeurs de gasoil, le fer des passerelles. Et après les odeurs, les images, le flux des passagers à l’embarquement, le va-et-vient des marchandises sur les épaules des caregadores, l’accrochage des hamacs aux crochets des poutrelles sous le toit des ponts. Puis ses bruits, sa musique hypnotique, son chant du départ répercuté sur tout le fleuve: les cris des adieux entre bastingage et quai, les coups de corne de brume aux postes de commandement. Combien de kilomètres, depuis que je parcours l’Amazone, le Solimôes, le Coari Grande ? Deux mille, deux mille cinq cents. J’en prends encore pour huit à neuf cents ce soir sur le Viagero IV; escales à Monte Alegre vers minuit, Prainha six heures plus tard, Almeirim demain en milieu de journée. Or vend un très bon fromage de lait de bufalo, sur le pies d’Almeirim, ai-je souvenir. Suis-je un voyageur heureux? Au-delà de mes espérances. Rends-toi compte. Le fromage de bufalo sur le ponton d’Almeirim, et Macapa en bout de la ligne de mire.» Extrait (quatrième de couverture) Éditions du Rocher 2006.

Dans une courte chronique dans le Monde des livres du 24/11/06, il est écrit que « En Amazonie comme ailleurs, c’est l’humain que cherche Trillard (…) Aux métropoles il préfère les coins perdus, au théâtre de Manaus l’animation des ports et la sono infernales des bals publics. » De l’authentique, sans aucun doute.

YANOMAMI – Fils de la Lune

Photographies de Robert Taurines. Avant propos de Jean-Claude Carriere

Le long du Rio Ocamo, sous l’impressionnante canopée de la forêt amazonienne, le photographe Robert Taurines a vécu plusieurs mois en totale immersion au sein d’une tribu yanomami. De cette expérience il a rapporté un reportage photographique situé à la lisière de la réalité et des songes, entre fascination, humilité et crainte. Des prises de vues exceptionnelles qui nous dévoilent un peu de mystère et de grandeur de ce peuple méconnu.

«L’humanité des hommes nus de la forêt est touchante, émouvante et parfois cruelle (…) Nous sommes là pour nous approcher d’un autre monde, pas pour chercher de l’or ou toutes autres richesses, juste pour une rencontre à la croisée des âges…»

Aux confins de l’Eldorado. La Boudeuse en Amazonie

Par Gérard CHALIAND, éditions du Seuil, collection Peuples de l’eau.

La point de vue de l’éditeur. Après une traversée de l’Atlantique -Sud, le trois-mâts goélette La Boudeuse remonte l’Amazone sur trois mille kilomètres et, par ses affluents, rejoint la Colombie. Cinq des membres de l’expédition s’enfoncent en pirogue dans la jungle pour rejoindre un village d’Indiens, dont certains, les Yuhup, sont récemment sédentarisés. L’équipe séjourne un mois parmi ces Indiens et en partage la vie quotidienne, relatée dans ce livre. La longue remontée du fleuve ressemble à une remontée dans le temps. Gérard Chaliand évoque, à la faveur de cette aventure contemporaine, la prise de possession du Brésil et les premières descentes épiques de l’Amazone menées par les Espagnols Orellana et Aguirre.